Lutte contre la Désertification dans le Sahel: le Niger primé pour les meilleures pratiques

Claudio Zucca

Centre International de Recherche Agricole dans les Zones Arides (ICARDA)

 

Le Niger remporte le prix pour les meilleures pratiques de lutte contre la désertification et le renforcement de la résilience dans le Sahel

Dakar, Sénégal – Quelles sont les meilleures pratiques des pays de la région du Sahel, en matière de lutte contre la désertification et de renforcement de la résilience aux changements climatiques? Sept pays ont présenté leurs meilleures pratiques lors de l’évènement du 28 au 30 août dans la capitale du Sénégal, financé par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) qui faisait partie du jury, avec les délégués de CILSS, CSE, FAO, FEM, SOS Sahel, et ICARDA ; pour évaluer les meilleures pratiques soumises.

Le jury du “concours des meilleures pratiques” était chargé de sélectionner les pratiques ayant un fort potentiel de mise à l’échelle au Sahel, dans le cadre de l’Initiative Africaine pour la lutte Contre la Désertification (AI-CD).

Des contributions ont été soumises par le Sénégal (micro-barrages anti-sel), le Burkina Faso (zai – fosses creusées durant la pré-saison pour recueillir l’eau et concentrer le composte), Cameroun (cordons pierreux), Mauritanie (fixation des dunes de sable), Niger (régénération naturelle assistée), Nigéria (mesures pour assurer la disponibilité d’eau potable), et le Tchad (compostage). Après des discussions et considérations approfondies, le jury a annoncé le Niger comme vainqueur pour avoir présenté une pratique évaluée comme ayant le potentiel le plus élevé de diffusion dans le Sahel et la région de la Corne de l’Afrique: Régénération Naturelle Assistée.

Claudio Zucca, chercheur à l’ICARDA, membre du jury a résumé les principaux aspects pris en compte par le jury. La régénération naturelle assistée est largement adoptée et réussie au Niger, pour restaurer le couvert végétal dans les systèmes d’agroforesterie des savanes dégradées. Il s’agit d’une pratique traditionnelle endogène du pays et qui s’est révélée efficace pour mitiger ou renverser la tendance de dégradation des terres à grande échelle et augmenter les revenus agricoles grâce aux multiples produits tirés des arbres.

Les avantages économiques et éco-systémiques sont élevés du moyen vers le long terme et sont fortement renforcés par l’intégration de cette pratique avec les mesures d’accompagnement sécurisant des cultures durables (tel que les pratiques de conservation des sols et de l’eau) dans les paysages avec un couvert végétal restauré;

L’utilisation de la régénération naturelle assistée s’est montrée rentable, sachant que les agriculteurs utilisent les matières végétales disponibles, pour préserver et promouvoir les jeunes plants utiles. Il indique un fort taux d’adoption et le niveau d’appropriation le plus élevé chez les agriculteurs qui apprennent comment promouvoir des arbres à usage multiple (bois, fourrage, fruit, fumier, etc.) selon le système de production agricole.

“Ce type d’exercice de partage de connaissances peut s’avérer utiles pour les gouvernements et institutions impliqués dans la lutte contre la désertification dans le Sahel, pour concevoir leurs interventions d’adaptation aux changements climatiques,” selon Claudio Zucca.

Claudio Zucca de l’ICARDA (paneliste le plus à droite sur la table), rapporteur du jury, a justifié le choix en mettant l’accent sur le fait que la RNA est traditionnelle et endogène au pays