[MALAWI-JICA] Institutionnalisation de l’approche de l’égalité des chances pour tous pour une gestion durable des ressources naturelles environnantes au Malawi

#Approche participative # Egalité des chances #Erosion des sols

Points principaux

✔ Afin d’harmoniser la conservation des sols et l’amélioration des moyens de subsistance des communautés locales grâce à l’amélioration des méthodes de culture, le gouvernement du Malawi et la JICA ont développé une Approche d’égalité des chances pour tous ou approche PRRIE, précédant la promesse “Ne laisser personne de côté” inscrite dans l’Agenda pour le Développement durable d’ici 2030 (ODD).

✔ L’approche PRRIE, caractérisée par son rapport efficacité-coût élevé, est une méthode de vulgarisation systématisée à travers la coopération japonaise au Sénégal et qui avait été ultérieurement personnalisée pour le Malawi et Madagascar.

✔ L’approche d’égalité des chances pour tous a été institutionnalisée dans les procédures de travail du Gouvernement du Malawi en l’incluant dans les plans d’activités et la demande de budget des districts cibles.

Contexte

Large ravin dans une zone du Middle Shire Source: COVAMS Newsletter(https://www.jica.go.jp/project/english/malawi/001/materials/pdf/newsletter_01.pdf)

Savez-vous ce qui est en train de se produire sur le fleuve Shire au Malawi, pays enclavé de l’Afrique australe ?

Le fleuve Shire est considéré comme étant l’un des plans d’eau les plus importants du Malawi, car le fleuve produit 98% de l’énergie hydroélectrique du pays. C’est aussi la source d’approvisionnement en eau de Blantyre, la deuxième plus grande ville du Malawi. Cependant, le fonctionnement de ces installations est parfois perturbé par un envasement considérable du fleuve Shire. Le limon provient du bassin versant du Middle Shire, directement ou indirectement de ses affluents.

Qu’est-ce qui cause cet envasement ?

La dévastation de l’environnement provoquée par la coupe d’arbres pour la fourniture de bois de chauffage et de charbon de bois est à l’origine de l’érosion du sol qui se manifeste partout dans le bassin versant du Shire. En outre, la croissance démographique dans la région accélère également l’érosion des sols due à la création de zones aux pratiques agricoles médiocres.

Qu’est-ce qui peut être fait pour atténuer l’envasement du fleuve Shire?

L’une des solutions consiste pour les agriculteurs à utiliser de manière durable les ressources en bois en tenant compte de la conservation des sols et de l’amélioration des techniques agricoles pour prévenir l’érosion des sols. Cependant, il n’est pas toujours facile de persuader les agriculteurs de mettre en place de telles pratiques durables, étant donné qu’ils ont du mal à gagner leur vie, et qu’ils sont bloqués dans cette situation à cause du manque d’argent, du manque de nourriture et de la prévalence des maladies. La clé pour sortir de l’état actuel des choses serait de développer une approche efficace qui a fait ses preuves afin d’attirer l’attention des agriculteurs sur la question de la conservation des sols.

 

Détails du projet

Qu’est-ce que le COVAMS?

Plan du site du Projet
Source: Nations unies (http://www.un.org/Depts/Cartographic/map/profile/malawi.pdf)

Dans le but de sécuriser l’approvisionnement en électricité et en eau du pays à partir de la ville la plus proche en préservant l’environnement du Middle Shire, le gouvernement du Malawi et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont lancé le projet de Dynamisation communautaire et de reboisement du Middle Shire, ou COVAMS Phase I (2007–2012) (COVAMS I), projet planifié à partir des résultats de diverses enquêtes menées depuis 1999.

Le projet COVAMS I a été l’occasion de présenter aux agriculteurs un large éventail de techniques de conservation des sols et de plantation d’arbres avec l’approche de formation par village spécifié, ou approche COVAMS. Les techniques ont été diffusées dans plus de 30 000 ménages dans 244 villages appartenant à deux autorités traditionnelles du district de Blantyre dans le Middle Shire. En 2012, COVAMS I est passé à l’étape COVAMS Phase II (2007-2012) (COVAMS II), où l’approche COVAMS a été étendue à 345 villages de Balaka, Blantyre, Mwanza et Neno. COVAMS II a franchi une étape supplémentaire en institutionnalisant l’approche en aidant les départements du district à préparer la demande de plan annuel et de budget pour la gestion des bassins versants à l’aide de l’approche COVAMS et en élaborant des directives et un manuel à cet effet. L’approche COVAMS adopte une approche de développement rural communautaire appelée PRRIE, ou Développement rural participatif et Gestion des ressources par la formation intégrée pour l’égalité des chances.

 

Quelles activités ont été menées par le COVAMS?

1. Approche de développement rural communautaire : PRRIE

Une approche de développement rural communautaire appelée PRRIE, ou Développement rural participatif et Gestion des ressources par la formation intégrée pour l’égalité des chances, a été développée dans le Projet PRODEFI au Sénégal par M. Naoto NODA de la société Hitonomori Co., Ltd.. PRRIE a été appliqué à deux projets de la JICA : COVAMS au Malawi et PRODAIRE à Madagascar. Le concept de PRRIE consiste à renforcer les capacités de base de la population en organisant une série de formations dans un premier temps. Puis le concept de PRRIE cherche une assistance supplémentaire, comme deuxième étape, si les gens manifestent des réactions positives après avoir participé à des formations. Cette approche d’égalité des chances pour tous a précédé la promesse de «ne laisser personne de côté», promesse inscrite dans le Programme de développement durable d’ici 2030 (ODD).

2. Caractéristiques de la formation COVAMS

Les formations, telles que celle illustrée ci-dessous devraient : (i) répondre aux besoins locaux, (ii) utiliser les ressources disponibles localement être organisées dans les villages où vivent les personnes concernées par le projet, (iii), (iv) ne pas sélectionner les participants, et (v) cibler la majorité des gens.

Afin de maximiser les possibilités de participation des villageois à la formation, tous les cours de formation COVAMS ont été organisés dans des villages. Les formations COVAMS ont été ouvertes à tout le monde, y compris aux mères avec leurs bébés et leurs aînés. La formation peut être renouvelée aussi longtemps qu’il y a de la demande sur le terrain. Le suivi technique était facilité par les conférenciers locaux, les agents de vulgarisation ou les personnes-ressources employés. Dans l’ensemble, les formations de la COVAMS ont été organisées sur la base des cinq principes simples du PRRIE afin d’assurer une égalité des chances à tout le monde tout en réalisant une rentabilité élevée.

En plus de ce qui précède, le COVAMS a fourni diverses connaissances et compétences, notamment sur la conservation des terres, le reboisement, la régénération naturelle, l’apiculture et la culture de légumes, par le biais de cours de formation mais sans apport financier. COVAMS a uniquement fourni aux villageois le matériel nécessaire pour la pratique. La formation ne prévoit pas d’indemnités, de repas ou de boissons.

 

 

 3.Institutionnalisation de la gestion des bassins versants par les activités des agriculteurs

L’objectif de COVAMS II était d’institutionnaliser la gestion des bassins versants par le biais des activités des agriculteurs (CMFA) en utilisant l’approche COVAMS dans les districts cibles.

Comment l’institutionnalisation a-t-elle été réalisée ? COVAMS II a défini trois (3) politiques de base pour l’institutionnalisation :

i. Amélioration continue de l’approche COVAMS : autosuffisance, plan de sortie par la localisation et la simplification
ii. Lien avec le processus de budgétisation du gouvernement du Malawi
iii. Suivre les procédures et règles de travail du gouvernement du Malawi

Sur la base des politiques ci-dessus, le COVAMS a réussi à mettre en œuvre l’institutionnalisation du CMFA en préparant des plans d’activités pour l’exercice 2018/2019 et la demande de budget pour le CMFA en utilisant l’approche COVAMS des districts cibles et en laissant les directives du COVAMS être reconnues par le ministère des Ressources naturelles, de l’Energie et des Mines (MoNREM), ministère de l’Agriculture, de l’Irrigation et du Développement de l’Eau (MoAIWD), et du ministère de l’Education civique, de la Culture et du Développement communautaire (MoCECCD)

Manuels

 [FR] Directives du COVAMS

Rédigé par Takuya Shiraishi
Equipe de soutien du Secrétariat de l’AI-CD